Échos du congrès de l’Association for Korean Studies in Europe (AKSE) à l’Université d’Édimbourg, 19-22 juin 2025 (3)
Thibaut Diverchy, doctorant, EHESS, UMR 8173 CCJ, Centre Corée
Le 32e congrès de l’AKSE s’est tenu du 19 au 22 juin 2025 à l’Université d’Édimbourg. Le climat frais et agréable de la capitale écossaise, l’architecture remarquable et l’ambiance de la vieille ville et de son université ont offert un cadre propice aux échanges. Cette grande manifestation a été l’occasion de présenter nos recherches et de nous tenir au courant des avancées et des tendances dans le champ des études coréennes. Cet évènement a aussi été l’occasion de dialoguer avec nos collègues européens, mais aussi avec des chercheuses et chercheurs américains et coréens présents en nombre. Au-delà des thèmes et des résultats de recherche de chacun, ces rencontres nous ont donné à voir la situation (notamment institutionnelle) plus ou moins précaire ou dynamique des études coréennes dans les différents pays européens ; elles ont aussi permis de nouer des liens avec nos confrères qui étudient des sujets proches des nôtres.
Avec 160 présentations réparties en 40 panels sur une durée de trois jours, le congrès de l’AKSE présentait un programme scientifique très dense et varié. La recherche française en études coréennes y était bien représentée avec une quinzaine de chercheur·ses et doctorant·es. Les thèmes incontournables des études coréennes tels que l’histoire prémoderne, les travaux sur la langue coréenne, les études sur le bouddhisme et le confucianisme, ou encore les recherches sur la Corée du Nord figuraient bien sûr au programme. Mais d’autres thèmes et tendances qui ont traversé le programme du colloque sont à souligner.
Tout d’abord, deux panels portant sur le populisme, le recul démocratique et sur les mutations de la droite en Corée du Sud ont évidemment rencontré un écho tout particulier avec l’actualité politique récente. On note aussi que plusieurs panels concernaient les études de genre, les expériences et conditions féminines et queer. Citons par exemple la présentation de Cristina Bahon Arnaiz, remarquable exercice d’imagination des sources faisant se rencontrer sources littéraires et archives officielles pour documenter les expériences féminines des années 1950, ou le travail de Kim Gyewon sur l’appropriation de l’imaginaire de la modernité dans les magazines féminins des années 1970. Par ailleurs, un panel sur l’histoire environnementale de la Corée du Sud dans ces décennies de guerre froide a apporté un nouveau point de vue très stimulant sur l’historiographie de la Corée contemporaine. En s’intéressant de près à l’extraction et au transport de charbon, ou encore à l’industrie du ciment, les chercheurs y ont soulevé des questions fondamentales sur les infrastructures et la réalité matérielle de cette période de modernisation qui préoccupe tant les historiens.
Enfin, il faut souligner l’organisation d’un panel sur les humanités numériques. Aron von de Pol, doctorant à l’Université de Leiden, y a présenté les outils de « computer vision », couplés à l’intelligence artificielle, qu’il utilise pour recenser et traiter de manière automatisée l’iconographie de la presse coloniale. Cette présentation, qui a fait forte impression dans le public, a démontré le potentiel de ces outils encore peu utilisés pour traiter les corpus de l’histoire contemporaine coréenne.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Garance Cachard (27 juin 2025). Échos du congrès de l’Association for Korean Studies in Europe (AKSE) à l’Université d’Édimbourg, 19-22 juin 2025 (3). Carnets du Centre Corée. Consulté le 13 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15r77
